Pratique · 7 septembre 2026
Le yoga est-il une religion ?
La question m’est posée régulièrement, parfois avec une pointe d’inquiétude : « ce n’est pas religieux, votre truc ? ». Elle mérite une réponse franche plutôt qu’une esquive.
Non, ce n’est pas une religion
Une religion suppose un dogme, une communauté de fidèles, des rites obligatoires et une adhésion. Le yoga ne demande rien de tout cela. Il n’y a pas de croyance à professer pour pratiquer, pas de conversion, pas d’appartenance.
On peut pratiquer en étant catholique, musulman, juif, bouddhiste, athée ou parfaitement indifférent à ces questions. Cela ne change rien à ce qui se passe sur le tapis.
Mais ce n’est pas non plus une simple gymnastique
Il serait malhonnête de s’arrêter là. Le yoga vient d’Inde, il s’inscrit dans une tradition philosophique et spirituelle ancienne. Les postures — les asanas — n’en sont qu’une partie ; à l’origine, elles servaient surtout à rendre le corps capable de rester assis longtemps pour méditer.
Réduire le yoga à un étirement, c’est passer à côté de ce qui en fait la profondeur. Le présenter comme une religion, c’est un contresens. Entre les deux, il y a de la place : c’est une discipline, au sens d’un chemin qu’on emprunte et qui produit des effets.
Ce que vous rencontrerez concrètement dans mes cours
- Des noms sanskrits, parfois, pour désigner les postures. C’est du vocabulaire technique, comme le latin en médecine.
- Un temps de silence et de méditation. Sans objet de croyance, sans prière.
- Pas de chant obligatoire, pas de mantra imposé, pas de rituel auquel il faudrait participer.
- Un vocabulaire qui parle parfois d’espace intérieur, de présence, de cœur. Chacun y met ce qu’il veut — et peut aussi n’y rien mettre du tout.
Ma position
Mon propre parcours est traversé par une dimension spirituelle : une enfance proche de la nature avec la sensation d’une présence subtile derrière ses mystères, puis, étudiante, plusieurs séjours de plusieurs mois dans les réserves amérindiennes aux États-Unis qui ont ouvert un chemin. En 2010, j’ai passé un temps en ashram en Inde pour étudier un aspect du Védanta.
Je ne le cache pas, et je ne l’impose pas. Ce que je transmets dans un cours de yoga, c’est une pratique du corps et du souffle. Ce que chacun en fait au-delà lui appartient entièrement.
Si la dimension méditative vous attire, elle est là, disponible. Si vous venez pour votre dos et rien d’autre, c’est parfaitement légitime, et vous en tirerez ce que vous êtes venu chercher.